Interdits de la représentation, représentations de l’interdit : Fantômes, fantasmes
et champ filmique.
Laurence Schifano (1er semestre, mardi 14h-17h salle L 111)
La récurrence de présences fantômes au cinéma se relie à la fois au support audiovisuel qui lui est propre et à l’expression d’un rapport particulier (onirique, insolite, « unheimlich ») au réel et aux corps qui dépasse les limites de l’enregistrement réaliste et du « défilé cinématographique des choses » à quoi Proust résumait la vocation de la caméra. Au-delà des codes narratifs et figuratifs du genre fantastique, potentiel laboratoire de formes, certaines fictions cinématographiques articulent l’expérience mélancolique d’un deuil, d’un amour, à l’affirmation et à la révélation d’une « autre réalité », réalité secrète dont l’exploration relève d’un parcours transgressif ; par là même elles introduisent un processus de réflexion sur l’art cinématographique et sur l’art en général. Tel est le champ qui sera étudié, à partir d’oeuvres cinématographiques et littéraires.
En 2007-2008 notre réflexion portera sur les 4 oeuvres suivantes : Vampyr ou L’Etrange aventure de David Gray (Carl Dreyer, 1931), d’après Joseph Sheridan Le Fanu : Carmilla , 1872, éd. Actes Sud, Babel/ Les fantastiques, n°206, 1996 Mort à Venise (Luchino Visconti, 1969), d’après le récit de Thomas Mann, La Mort à Venise (1913) ; Val Abraham (Manoel de Oliveira, 1993) d’après Madame Bovary de Flaubert ; · Mulholland Drive ( David Lynch, 2001)
Bibliographie indicative
Giorgio Agamben, Stanze, Rivages poche, 1998
Jacques Aumont, Vampyr de Carl Th. Dreyer, éd. Yellow now, 1993
Roland Barthes, La Chambre Claire, Cahiers du cinema, 1980
Sigmund Freud, L’Inquiétante étrangeté et autres essais, 1933, folio essais, n°93
Leutrat, Jean-Louis, Vie des fantômes, Le fantastique au cinéma, Cahiers du cinéma,1995
Vanoye Francis, L’Emprise du cinéma, Aleas, 2005


