StartGroupe de recherches : "Cinémas, représentations, identités"Sous-groupes2-Cinémas, dispositifs de représentation et quêtes identitaires
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2-Cinémas, dispositifs de représentation et quêtes identitaires
Responsable : Laurence Schifano
Dans le domaine du cinéma et de l'audiovisuel, la notion de dispositif recouvre à la fois les choix de mise en scène, les stratégies scéniques d'identification, l'utilisation de codes esthétiques renvoyant à des données historiques, mémorielles, culturelles. L'histoire et l'évolution des formes cinématographiques s'articulent sur l'histoire et la mouvance des formes identitaires, telles qu'elles se définissent et s’interpénètrent dans chaque nation, chaque groupe, chaque individu. A travers leur repérage et leur analyse, il s'agit aussi de repérer les étapes des révolutions du Moderne, telles qu'elles s'inscrivent dans un travail filmique qui va  des œuvres de Roberto  Rossellini à celles de Mikael Hanecke, David Lynch, Raul Ruiz, Manoel De Oliveira etc.. Indissociablement liées à la dynamique interdisciplinaire des déterminations contextuelles, les préoccupations esthétiques restent plus que jamais au cœur de nos approches méthodologiques et de nos recherches, que ces recherches portent sur un auteur, sur une forme, sur l’instauration d’un rapport nécessaire et inédit avec le monde.
 
Mai 2005. Germaine Dulac: la traversée des avant-gardes
Le Colloque international qui, à l’initiative de Laurence Schifano et avec la collaboration de Laurent Veray (Université Paris X-Nanterre) et de Tami Williams (Université de Wisconsin à Milwaukee), s’est tenu à l’Université Paris X les 6 et 7 juin 2005, a rassemblé pour la première fois des chercheurs venus des Etats-Unis, d’Italie, de Belgique, de Suisse et de France afin d’évoquer la figure méconnue ainsi que la place, le rôle et l’importance de Germaine Dulac (1882-1942) dans l’histoire du cinéma. Cette manifestation a bénéficié de la première grande rétrospective de la cinéaste  organisée au Musée d’Orsay du 3 au 15 juin 2005 ; les actes ont fait l'objet d'une publication co-éditée par la Cineteca di Bologna, par l'Association Française de la Recherche sur l'Histoire du Cinéma (AFRHC) et par  l'Université Paris X-Nanterre dans le numéro hors série de la revue 1895 intitulée Germaine Dulac, au-delà des impressions (Tami Williams dir. avec la collaboration de Laurent Veray), Paris, 2006, 263 p.. 
Novembre 2005: "La vie des marionnettes"  
Conçue dans un esprit résolument interdisciplinaire (convoquant à la fois les films de Carmelo Bene, de Pasolini, de Syberberg, de Tim Burton ou les burlesques du muet et  les œuvres de Kleist, d’Andersen et de Collodi, de Jarry, de Craig et de Pirandello), ce Colloque international a abordé pour la première fois une question négligée et a fourni l’occasion d’interroger l’histoire du cinéma depuis ses origines foraines jusqu’à ses avatars les plus récents, nés de la fantaisie des marionnettistes ou des dernières inventions technologiques des concepteurs de videogames. A travers la figure non naturaliste et par conséquent « hérétique » de la marionnette, c’est le rapport à l’altérité sous toutes ses formes qui fait intrusion dans le corps du film. Venus de la littérature, du théâtre, des théâtres de marionnettes, les participants ont ainsi parcouru les facettes contradictoires d’une présence inquiétante ; ils ont repéré des dispositifs filmiques porteurs, dans des contextes culturels déterminés, de subversion et de nostalgie. Malléable, extensive, disjonctive et conjonctive, archaïque et futuriste, conservatrice et révolutionnaire, ludique et sacrale, porteuse dans tous les domaines d’une théâtralité mystérieuse, la marionnette, telle qu’en elle-même le cinéma la change, a suscité tout aussi bien des éclairages esthétiques, historiques que psychanalytiques et poétiques.
Cette manifestation pionnière s’est prévalue de l’intérêt et du soutien de la revue « Puck » et de l’Institut international de la marionnette de Charleville-Mézières. Elle fait l’objet d’une publication prochaine aux Presses Universitaires de Paris X-Nanterre, La vie cinématographique des marionnettes (février 2008). 
2006 -2007 Atelier de  recherche interdisciplinaire L’Ecran des Lumières  
La représentation filmique des Lumières a donné lieu en mai 2006 à deux séances de travail particulièrement fructueuses regroupant des chercheurs de Paris 3 (Jean-Claude Bonnet), de Grenoble 3 (Martial Poirson), du CNRS (Madeleine Mervant-Roux), de Rennes 2 (Laurent Loty), de l’Université Georgetown de Washington  (Dorothée Polanz et Guy Spielmann). Ces réunions ont permis d’élaborer les pistes de réflexion majeures et de dépasser  les limites épistémologiques inhérentes aux approches habituelles sur l’adaptation et la reconstitution historique. La recherche de  méthodes adaptées au dispositif filmique (cinéma/télévision) a permis de structurer un important ouvrage à paraître en 2008 sous le titre L’Ecran des Lumières (L. Schifano et M. Poirson dir.) aux éditions de la Voltaire Foundation d’Oxford. Outre la volonté de poser différemment, à travers la médiation du cinéma, la question des influences, des héritages, des interactions et de rétablir les liens, les circulations organiques entre des disciplines stérilement séparées, il s’agit là du premier volet d’une recherche appelée à s’étendre, dans le futur, à d’autres périodes historiques. Avec pour visée et enjeu majeurs  l’analyse et la définition de l’historicité du et au cinéma. 
 
Manifestations à venir en  2008 
11 avril 2008. "Théâtralité au cinéma et ‘cinématographicité’ au théâtre" (resp. Marguerite Chabrol et Tiphaine Karsenti). Journée d’étude à Paris X- Nanterre. 
Il s'agira d'envisager d'un point de vue théorique la pertinence et les contradictions souvent liées à l'emploi critique de ces termes. Cette première étape aura pour vocation de définir les axes d'un colloque plus ambitieux, prévu pour la fin de l'année 2009, qui pourra davantage intégrer des monographies et pour lequel nous envisageons de travailler parallèlement avec des salles de théâtre et de cinéma. 
16-17 mai 2008. L’Autre scène: Travail du film et poétique du rêve (resp. L. Schifano et M. Martin). Journées d’étude à Paris X- Nanterre. 
Comment, au cinéma, faire la part entre rhétorique et poétique ? Comment, au cinéma, faire la part entre la rhétorique et la poétique du rêve ? Telle est la question qui inspirera notre Journée d’études sur le rêve en avril 2008. Nous en proposons trois accès problématiques, le premier, visant à appréhender la qualité, puissance ou charge du rêve, part de l’hypothèse selon laquelle la qualité poétique en sera d’autant plus forte que s’affaibliront les opérations de dénomination et de signification/signifiance. Le deuxième définit le rêve au cinéma comme laboratoire de formes  libérant la représentation et la figuration des règles préétablies et permettant l’accès à un noyau authentiquement poétique. Le troisième s’attache à mettre en lumière, dans certains films, les risques – esthétiques et existentiels – auxquels expose un tel travail. Les approches esthétiques et psychanalytiques seront privilégiées. 
Janvier –mai 2008. Séminaire doctoral de Recherche: Cinéma moderne et mémoire. La question de l’historicité (resp. : Laurence Schifano). 
Moyen privilégié d'enregistrement du temps, le cinéma a vu dès l'origine s'affirmer sa vocation à fixer sur pellicule et à transmettre des images du passé, et par là même à relayer, - voire à manipuler - la mémoire individuelle et collective. Ce pouvoir mémoriel, de plus en plus reconnu, assumé et entretenu depuis l'après-guerre et le développement des esthétiques modernes, ouvre au cinéma des fonctions diverses. Le mouvement de la mémoire,  décliné à travers une multitude de formes et de figures, nourrit  l'expérience même du cinéma moderne (postmodernité comprise).Le séminaire doctoral Cinéma moderne et mémoire. Réflexion sur l’historicité filmique se propose d'inventorier et d'explorer les formes sonores, musicales et visuelles particulières qui caractérisent ces œuvres mémorielles que Jacques Rancière désigne dans La Fable cinématographique comme des "fictions de mémoire". Récits et structures filmiques très différents selon qu'ils se situent dans une tradition littéraire et en adaptent les dispositifs complexes (Visconti, Ruiz), selon qu'ils empruntent aux procédures psychanalytiques (Hitchcock, Mankiewicz, Bergman), selon qu'ils font appel à des modes d'enquête documentariste (Marker, Resnais) et visent à la reconstitution historique (Visconti) ou même selon qu'ils s'inspirent comme chez le Fellini du Satyricon de rituels quasi mediumniques.
     Dans chaque cas, qu'on ait affaire aux expériences cinématographiques que proposent des films aussi différemment mémoriels que les Histoire(s) du cinéma de Godard, le Vertigo d'Hitchcock, le Muriel ou le Nuit et Brouillard de Resnais, le Sandra ou le Mort à Venise de Visconti, Le Duc et l'Anglaise d'Eric Rohmer,  un rapport de mémoire singulier se noue avec le spectateur. Si Michel Foucault, à propos de Moi, Pierre Rivière de René Allio, mettait en doute les possibilités de faire de l'Histoire avec le cinéma, il lui reconnaissait du moins le pouvoir d'"intensifier des régions de notre mémoire ou de notre oubli". A la perspective historique qu'ouvre la réflexion sur le lien entre mémoire et cinéma s'associent indissolublement des problématiques majeures de la représentation, d'ordre esthétique et philosophique.  
Projets 2008- 2012 Cinéma et formes cinématographiques de la mémoire 
  1.  
  1. Projets internes
Loin de ne nous attacher qu’à un rapport rétrospectif et mélancolique avec le monde (Orphée se retournant fait mourir Eurydice, selon l’une des images directrices des Histoire(s) du cinéma de J.L. Godard), nous proposons d’inscrire prioritairement dans le champ de nos recherches les modes d’écriture et de narration qui cultivent l’articulation dynamique entre mémoire, fiction et histoire. Ce programme sera mené selon une périodicité variable :
  • mensuelle lors des séances d’atelier préparatoire explorant l’historicité filmique ;
  • annuelle à travers des Journées d’études (Le décor et le paysage en 2009/L’opéra) ;
  • et en 2010 et 2012 lors de deux Colloques (Colloque sur « Le film historique » et Colloque « Temps perdu, temps passé, temps retrouvé : Cinéma/Littérature »).
 
   
  1. Projets en collaboration avec le CSLF (Littérature et invention) et l’axe « Ecritures, histoires de mémoire aux XXe et XXIe siècles – Littérature, Cinémas, Photographie » (resp. A.Y. Julien). Un programme de collaboration et de recherche commune est en voie d’élaboration. Il comportera :
    - des Colloques internationaux,
  • sur des études envisageant le travail littéraire contemporain dans ses interactions avec le travail filmique ou photographique : le Colloque Modiano ou les Intermittences de la mémoire (20, 21, 22 novembre 2008, Paris X Dir. Anne-Yvonne Julien et  Cl. Leroy).
  • Sur des problématiques esthétiques et historiques liées aux révolutions du moderne : Colloque sur La Ruine dans le récit contemporain (Dir. Anne-Yvonne Julien et Laurence Schifano, horizon 2010)
     - des Journées d’étude (une par an) permettant d’établir une synergie de recherche autour de problématiques qui porteront sur les rapports entre littérature contemporaine, Photographie et cinéma. Le choix des motifs se portera sur certaines problématiques encore à l’état d’étude dont on trouvera ci-dessous la liste non définitive :  Claude Simon et la photographie,  Marguerite Yourcenar et l’archive familiale ; Julien Gracq et André Delvaux, réalisme magique et récit initiatique ; l’adaptation filmique aujourd’hui; Marguerite Duras, traces mémorielles, roman/cinéma ; Cayrol-Resnais : l’archive.



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