Ensemble de manifestations tout au long de l'année 2008.
Organisées par Laurent Véray et David Lescot.
Première manifestation : journées à la Cinémathèque de Toulouse les 14-15 février 2008. Télécharger la présentation (pdf) et le programme détaillé (word).
Problématique pour le colloque des 15, 16 et 17 janvier 2009 sur la question des mises en scène de la guerre au théâtre et au cinéma
L’histoire des hommes est rythmée par des guerres. Et les tentatives de représentations culturelles de celles-ci sont innombrables. Toutefois, rendre compte de la violence des conflits a toujours posé des problèmes, qu’il s’agisse de littérature ou de peinture, de théâtre ou de cinéma. Dans les deux derniers cas, qui nous intéressent ici, la guerre, quelle qu’elle soit, met constamment à l’épreuve leurs capacités à montrer, remettant parfois en cause leurs possibilités de « mise en scène ». En d’autres termes, en tant que phénomène et expérience humaine extrêmes, la guerre renvoie l’un comme l’autre à ses propres limites qui ne sont pas seulement éthiques mais aussi esthétiques. Elle fait apparaître brutalement la difficulté à donner à voir ou à cacher (comment représenter l’ennemi, la peur, la souffrance, la mort ?) et à interpréter en ayant recours aux procédés dramaturgiques habituels. Elle bouleverse les conventions, pousse des metteurs en scène à inventer d’autres moyens produisant des effets dans le champ de l’art théâtral et/ou cinématographique lui-même.
L’objectif, dans le cadre de ce colloque, est donc d’étudier les évolutions de la représentation de la guerre au théâtre et au cinéma au cours du XXe siècle, en France et à l’étranger. De susciter de nouvelles interrogations qui sortent des catégories habituelles (genre « film de guerre » ; cinéma ou théâtre de propagande ; distinction fiction/documentaire…) en analysant l’acte de mise en scène en tant que tel. Le tout, bien sûr, en tenant compte des contextes, c’est-à-dire en fonction de l’émergence de nouveaux phénomènes de violence, des changements historiques, idéologiques, socioculturels, des transformations dramaturgiques et cinématographiques (notamment avec les innovations technologiques), mais surtout en insistant particulièrement sur les spécificités concernant le récit, le style, la forme, le typage des personnages... Dès lors, on cherchera à savoir comment le théâtre et le cinéma, en tant que médiums artistiques et culturels, ont contribué à forger une certaine esthétique de la guerre. Des formes traditionnelles aux démarches expérimentales, des œuvres qui « spectacularisent » la guerre par un excès de violence pour répondre aux attentes jouissives du public à celles qui cassent les conventions du genre, et/ou utilisent des procédés de distanciation incitant le spectateur à l’exercice critique.
Au sein de ce vaste ensemble que constituent les pièces et les films de guerre au XXe siècle, plutôt que d’organiser des sessions par époque ou par type de conflit, il s’agira de privilégier les communications interrogeant la structure même du matériau théâtral ou filmique. D’hier à aujourd’hui, comment transposer sur une scène ou à l’écran l’horreur que la guerre engendre (le problème majeur de ce qui est figurable et ce qui n’est l’est pas) ? Quels sont les différents modes de mise en scène et leurs enjeux en fonction des objectifs visés (motivation informative, propagandiste, pédagogique, militante, ludique…) ? Y a-t-il des dispositifs capables de traduire la signification réelle d’un tel événement ? Existe-t-il des spécificités nationales ? Dans quelles mesures certaines mises en scène de la guerre peuvent-elles provoquer des mutations profondes de la forme dramatique et/ou cinématographique ? Quel rôle jouent-elles dans la perception et la compréhension que le public peut avoir des conflits ? Quels imaginaires collectifs révèlent-elles selon les époques et les sociétés ? Les études pourront reposer sur une pièce ou un film en particulier, ou sur une approche transversale à partir de plusieurs œuvres théâtrales et/ou filmiques, voire s’intéresser aux liens existant entre les deux pratiques ou avec d’autres formes de représentations (la télévision, la bande dessinée, les jeux vidéo…).
Organisation, avant le colloque, de manifestations diverses :
Le colloque aura lieu les 15, 16 et 17 janvier 2009 : une journée à l’Université de Paris X-Nanterre, une journée au Théâtre de la Ville, et une journée à l’Auditorium des Invalides.
En fait, le colloque sera le point d'aboutissement d'un projet plus vaste qui se déclinera tout au long de l'année 2008. Une sorte de chemin de réflexion jalonné d’étapes thématiques sous forme de manifestations de natures diverses et complémentaires (programmations de films, spectacles vivants, débats, tables rondes, rencontres avec des professionnels...). Chacune sera liée à un conflit ou une époque en particulier et se tiendra dans un lieu spécifique, notamment en région.
L’une des idées-force de ce projet, en particulier en ce qui concerne les manifestations précédant les trois journées « plénières », sera de toujours mettre en regard les communications et les œuvres dont il est question. Autre point important, nous avons décidé de nous limiter aux représentations de la guerre au XXe siècle, et plus précisément aux représentations de guerres DU XXe siècle, ce qui nous paraissait indispensable pour pouvoir faire dialoguer de manière fertile et cohérente théâtre et cinéma. Cette orientation historique ne doit pas pour autant nous limiter à des questions de strict contenu, et les problématiques esthétiques restent premières dans nos questionnements.
Première étape, nous organiserons en février avec la Cinémathèque de Toulouse une semaine sur la guerre de 14-18 (toujours sous l'angle théâtre/cinéma), avec une programmation de films, des lectures et deux journées d'études les 14 et 15 février (voir programme avec lien) regroupant une dizaine d’intervenants. Les étapes suivantes auront lieu à Avignon (mars), Blois (octobre), Hérouville (novembre) et Paris (novembre / décembre). Le détail de ces journées d’études et de ces différentes manifestations sera donné ultérieurement.


